Victorin LUREL
Le Blog du vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale

14 juin 2012

Aux électrices et électeurs de la 3e circonscription : Max MATHIASIN est le bon choix

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 23 h 33 min

Mes cher-e-s ami-e-s,

Ce samedi 16 juin 2012 a lieu le second tour de l’élection législative. Ce scrutin est capital. C’est pourquoi je me permets, en ma qualité de ministre des Outre-mer et comme président de Région, de vous inviter à voter et à faire voter massivement pour Max MATHIASIN et sa suppléante Claudine BAJAZET.

Max MATHIASIN est en effet le candidat de la majorité présidentielle de François HOLLANDE. Il est le seul qui siégera, à coup sûr, au sein du groupe socialiste, qui est le socle de la majorité parlementaire dont nous aurons besoin pour appliquer le programme pour lequel vous avez très majoritairement voté le 6 mai dernier.

François HOLLANDE, le Premier ministre Jean-Marc AYRAULT, et moi-même, en tant que ministre des Outre-mer, nous aurons besoin d’un député loyal pour mettre en œuvre le changement avec les 60 engagements pour la France et les 30 engagements envers les Outre-mer. Et vous, citoyens de la 3e circonscription, vous aurez besoin d’un député connu des plus hautes autorités de l’Etat pour faire entendre efficacement votre voix.

Ce député, c’est Max MATHIASIN.

Vous avez été nombreux à comprendre cela dès samedi dernier en permettant à Max MATHIASIN d’être présent au second tour. Ce samedi, je vous demande d’amplifier ce mouvement en participant, à nos côtés, à une grande et belle mobilisation pour permettre l’élection d’un député socialiste de longue date, progressiste depuis toujours et dont les convictions ont toujours été exprimées dans la clarté.

Jeanny MARC, maire de Deshaies et député sortante, a aussi compris cela en apportant un soutien clair à Max MATHIASIN, malgré les différends qui ont pu les opposer par ailleurs. Forte de son expérience de parlementaire courageuse et responsable, elle sait qu’aucun député ne prospère durablement en étant flou sur ses positions.

Ary CHALUS est un homme que je respecte et il a des qualités indéniables. Mais, si je ne peux le soutenir à cette élection, c’est précisément parce qu’il ne fait pas toujours preuve de constance dans ses engagements et parce qu’il entretient souvent le flou :

* il se réclame aujourd’hui de la gauche après avoir refusé de le faire pendant des années.
* il a dit son intérêt pour les propositions de Marine LE PEN ;
* au gré des élections, Baie-Mahault se retrouve tantôt dans la communauté d’agglomération dans le nord Basse-Terre, tantôt avec Cap Excellence ;
* enfin, il ne dit pas avec clarté ce que sera son choix si les règles de non-cumul de mandat l’obligent à quitter la mairie de Baie-Mahault,…

C’est pourquoi, ce samedi, je vous invite à choisir la clarté
Donnez une vraie majorité au changement
VOTEZ ET FAITES VOTER MAX MATHIASIN – CLAUDINE BAJAZET

Victorin LUREL

7 juin 2012

Pourquoi je n’ai pas participé au « débat » de Canal 10 ce jeudi

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 16 h 10 min

Mes cher-e-s ami-e-s,

Certains d’entre vous ont pu le constater : je n’ai pas participé au « débat » organisé ce jeudi midi par Canal 10 et je tiens à vous en expliquer la raison.

Je me suis rendu dans les studios de Canal 10 pour répondre à une invitation qui m’avait été faite, il y a déjà une semaine. A aucun moment dans mes échanges avec les responsables de la chaîne il n’a été question d’une invitation à un débat et c’est une fois sur le plateau que j’ai pu constater la présence de tous les candidats à l’élection législative dans la 4e circonscription.

Ma surprise a été d’autant plus grande que les autres candidats ont tous reconnu qu’ils n’avaient pas, eux non plus, été prévenus du format retenu pour cette émission et qu’ils découvraient, comme moi, les règles du jeu placés devant le fait accompli. Mme PENCHARD était, elle aussi, sur le point de quitter le plateau, avant de se raviser, évidemment, après mon départ.

Pour ma part, je n’ai jamais eu l’habitude de refuser un débat, mais j’ai également pour principe de veiller à ce que les formes soient respectées. En l’espèce, elles ne le sont pas lorsque l’on ne joue pas cartes sur table quant au format d’une émission.

Dans cette élection, je ne suis pas en quête de notoriété, ni à la recherche de vaines polémiques personnelles.

Je souhaite une confrontation dans la clarté projets contre projets, idées contre idées. Un tel débat à 8 n’aurait en aucun permis une confrontation mais il aurait tourné pour moi, député sortant pourtant dans l’opposition pendant 10 ans, à un affrontement cacophonique à 7 contre 1, avec 70 mn de temps de parole contre 10 mn seulement pour me permettre de répondre.

J’ai donc préféré laisser ce débat forcément inégal se dérouler sans moi.

Ce que l’on m’en a dit me conforte dans mon choix et je m’en suis retourné dans ma circonscription pour continuer ma campagne jusqu’à la dernière minute.

Bien à vous.

VL

4 juin 2012

Aux électrices et aux électeurs de la 4e circonscription

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 20 h 05 min


Madame, Monsieur,

Ce samedi, 9 juin 2012, c’est le premier tour de l’élection législative à laquelle je suis candidat avec ma suppléante Hélène VAINQUEUR-CHRISTOPHE, la maire de Trois-Rivières.

C’est un scrutin crucial et capital pour la France, pour la Guadeloupe, pour notre circonscription, pour votre commune, mais aussi pour vous et votre famille. Il s’agit en effet de donner à François HOLLANDE, notre président de la République, et à Jean-Marc AYRAULT, le Premier ministre qu’il a choisi, une majorité forte, stable et loyale pour gouverner.

Cette majorité doit être une majorité de gauche, une majorité socialiste, pour concrétiser la volonté de changement qu’une immense majorité de Guadeloupéennes et de Guadeloupéens ont exprimée en votant massivement pour François HOLLANDE, dès le 1er tour de l’élection présidentielle, il y a à peine quelques semaines.

Je suis aujourd’hui le ministre des Outre-mer. J’ai été choisi par François HOLLANDE pour mettre en œuvre, au sein du gouvernement, ses 60 engagements pour la France et ses 30 engagements spécifiques pour les Outre-mer, qui répondent précisément à nos préoccupations et aux difficultés que nous traversons en matière de vie chère, d’éducation et de formation, de chômage, de développement économique, de préservation de l’environnement et de sécurité.

Pour que je puisse mener à bien cette mission à la fois exaltante et difficile, j’ai besoin de vous. Sans votre confiance, votre soutien et votre vote, conformément à la règle qui veut qu’un ministre battu aux législatives doive quitter le gouvernement, je ne serai donc plus ministre et je ne pourrai être celui qui agira pour changer durablement les choses.

Si vous vous apprêtez à voter pour ceux qui ont été, chez nous, les yeux et les bras de Nicolas SARKOZY durant les cinq dernières années, rappelez-vous qu’ils ont mal fait hier, qu’ils ne proposent rien aujourd’hui et qu’ils ne feront rien de mieux demain.

C’est pourquoi je vous demande, dès ce samedi 9 juin, de voter et de faire voter LUREL – VAINQUEUR-CHRISTOPHE, dès le 1er tour, afin de nous donner la force nécessaire pour concrétiser le changement.

Bien à vous.
Victorin LUREL

Le 9 juin, c’est crucial et capital : votez LUREL – VAINQUEUR !

13 mai 2012

Jules Ferry : l’hommage et la part d’ombre

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 22 h 05 min

Mes cher-e-s ami-e-s,

Mardi, François Hollande sera officiellement investi comme le 7ème président de la Vème République. Dans le prolongement de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur, le nouveau chef de l’Etat rendra hommage, comme d’autres l’avaient fait avant lui, à des figures de la République. Et c’est ainsi qu’il a choisi de prononcer un discours devant la statue de Jules Ferry dans le jardin des Tuileries.

Le choix de cet hommage suscite une émotion, évidemment compréhensible, en particulier dans les outre-mers et, au-delà, en Afrique et en Asie. Car s’il s’agit très explicitement pour le président Hollande de marquer sa considération envers le père fondateur de l’école publique gratuite et mixte, le défenseur intransigeant de la laïcité, l’auteur de « la lettre aux instituteurs », en somme envers l’une des grandes figures du « roman national français », le nouveau président ne passera évidemment pas sous silence la part d’ombre de Jules Ferry.

Cette part d’ombre, qui cohabite avec sa part de lumière, comme c’est le cas, reconnaissons-le, chez toutes les grandes figures de l’histoire de l’humanité…

Cette part d’ombre de Jules Ferry, qui fit désagréablement écho aux propos inacceptables tenus, il y a quelques semaines, par Claude Guéant sur une prétendue hiérarchie entre les civilisations…

Jules Ferry ne fut, en effet, pas seulement le père de l’école de la République. Il fut aussi, hélas, un théoricien et même un praticien du colonialisme actif de la IIIème République, au nom du devoir et de la mission civilisatrice des races supérieures sur les races inférieures.

Et si j’ai souvent été troublé, comme d’autres, par la référence à Jules Ferry et par la révérence envers lui, je sais que cette part d’ombre est aujourd’hui connue et reconnue par tous les socialistes et les républicains conséquents.

Bien sûr, François Hollande est de ceux-là.

Avec nous, il y a quelques semaines, alors que la « polémique Guéant » faisait rage, il rappelait que face aux théories racialistes de Jules Ferry, d’autres républicains éminents de l’époque surent se dresser, tel Clemenceau qui, pourtant lui aussi, recèle sa part d’ombre…

Mardi, François Hollande rendra donc hommage au Jules Ferry de l’école publique, gratuite et laïque, dont le legs – en l’espèce – fut considérable pour la France hexagonale, mais aussi pour les outre-mers, où cette école de la République contribua tout simplement à l’émancipation de nos peuples. Pour un président qui entend placer l’éducation et la jeunesse au cœur de son projet, c’est une référence incontournable.

Mais mardi, l’humaniste sans concession qu’est François Hollande, celui-là même qui s’est engagé à supprimer le mot « race » de notre Constitution, fera aussi la part des choses et renverra cette grande figure à ses égarements et à ses fourvoiements sur la question coloniale.

Ceux qui connaissent et respectent l’Histoire savent qu’elle est une pensée de la complexité. Complexité des hommes, de leurs idées et de leurs parcours. Je sais que le nouveau chef de l’Etat saura trouver des mots qui ne confondent pas complexité et ambiguïté. Des mots qui montreront une nouvelle fois que l’idée qu’il a de la République et qu’il a défendue tout au long de sa campagne est celle de l’égalité.

Victorin LUREL

11 avril 2012

Taux de sucre dans les aliments et les boissons outre-mer : lettre ouverte au ministre de la Santé

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 15 h 11 min

Mes cher-e-s ami-e-s,

En politique comme dans la vie, il faut avoir de la suite dans les idées. C’est la raison pour laquelle j’ai pris la plume pour écrire au ministre de la Santé Xavier BERTRAND au sujet du dossier des taux de sucre dans les aliments et les boissons vendus outre-mer qui, vous le savez, me tient particulièrement à coeur.

Même si la période électorale peut nous conduire à l’oublier : il y a encore un gouvernement et il n’est jamais trop tard pour lui rappeler ses engagements, surtout quand le président de la République, le Premier ministre et les ministres ont maintes fois répété qu’ils travailleraient jusqu’au dernier jour.

Dans ce courrier, je rappelle donc à M. BERTRAND qu’au moment du rejet de justesse de ma proposition de loi (199 voix contre 194) pour réglementer les taux de sucre dans les aliments et les boissons vendus outre-mer, il s’était engagé à négocier une charte avec les industriels pour que cette interdiction prenne effet plus rapidement.

Or, à ce jour et à ma connaissance, aucune charte n’a été signée et les produits continuent à être plus sucrés outre-mer que dans l’hexagone.

Nous sommes à quelques jours de la fin de la législature. J’attends sa réponse.

VL

Monsieur le Ministre,

Le 6 octobre dernier, l’Assemblée nationale examinait ma proposition de loi n° 3767 tendant à prohiber la différence de taux de sucre entre la composition des produits manufacturés et vendus dans les régions d’outre-mer et celle des mêmes produits vendus dans l’Hexagone, proposition qu’elle rejetait par 199 voix contre 194 le 11 octobre suivant en cela l’avis du Gouvernement.

Reconnaissant l’importance du problème soulevé, vous estimiez en effet préférable « d’engager dès à présent des concertations avec les producteurs qui ne seront pas des concertations pour l’affichage mais bien pour faire changer les choses : nous allons agir pour diminuer rapidement la teneur en sucre des produits alimentaires transformés » (extrait débat AN du 6 octobre).

Selon le Gouvernement, mieux valait un accord qui serait plus rapide qu’une loi. Ainsi, vous indiquiez « nous voulons des accords couronnés de succès, et certainement pas que l’on s’éternise dans des débats sans fin pendant que l’obésité progresse. (…) Vous proposez une loi, pour ma part, je veux des actions concrètes (…) car j’ai l’habitude de chercher à régler les problèmes globalement et non pas partiellement » (extrait débat AN du 6 octobre).

Or, près de 6 mois après ces engagements forts pris par le Gouvernement, je ne peux que constater que la différence de taux de sucre entre la composition des produits manufacturés et vendus dans les régions d’outre-mer et celle des mêmes produits vendus dans l’Hexagone est toujours exactement la même. A titre d’exemple, le soda « Fanta Orange » est toujours 43% plus sucré en Guadeloupe que dans l’Hexagone. Il en est de même pour les produits laitiers frais.

Pourtant, le vote de ma proposition de loi par l’Assemblée nationale qui aurait été acquis sans la consigne donnée par le Gouvernement comme en témoignent son adoption par la Commission des Affaires sociales et le très faible écart de voix lors du scrutin public dans l’hémicycle aurait naturellement permis de mettre fin à cette discrimination dramatique pour la santé des ultra-marins et singulièrement des jeunes. En effet, le groupe socialiste, majoritaire au Sénat, avait déposé la même proposition de loi et le Parlement aurait donc eu 4 mois avant la fin de la session parlementaire pour adopter un texte conforme.

Comme vous indiquiez lors de ce débat avoir « une obligation de résultat » et que « si nous connaissions un enlisement du processus engagé, nous choisirions une autre voie » (extrait débat AN du 6 octobre), je vous remercie de bien vouloir m’indiquer dans quel délai interviendra l’arrêté interdisant la différence de taux de sucre entre la composition des produits manufacturés et vendus dans les régions d’outre-mer et celle des mêmes produits vendus dans l’Hexagone que vous vous êtes engagés à prendre.

Vous en souhaitant bonne réception, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Victorin LUREL

27 mars 2012

Marie-Luce Penchard candidate aux législatives : les dessous d’un secret de polichinelle

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 10 h 22 min


Mes cher-e-s ami-e-s,

Ainsi donc, la ministre chargée de l’Outre-mer est désormais officiellement candidate aux législatives dans la 4ème circonscription. Cette annonce relevait du secret de polichinelle et elle n’a surpris personne. Et pour cause, depuis deux ans, sa mère – qui sera sa directrice de campagne – en a fait son héritière et l’instrument d’une vengeance qui prend un tour familial. En Corse, on appellerait cela une vendetta.

Chacun doit bien comprendre que cette annonce a été soigneusement retardée de façon à profiter le plus longtemps possible des voyages ministériels pour mener campagne sur fonds publics et pour bénéficier jusqu’au dernier moment du temps de parole ministériel sur les ondes. La ministre elle-même avoue que sa décision est prise depuis janvier.

Cela fait des mois qu’à chacun de ses déplacements – et ils ont été nombreux ! – la ministre déjà en campagne réunit ici des associations, organise là des petites réunions. Quand on veut faire campagne sur des valeurs, je trouve que cela a déjà bien mal commencé.

Pour le reste, Mme Penchard a évidemment le droit d’être candidate. Le député sortant que je suis défendra son bilan, qui est celui d’un parlementaire de l’opposition qui aura malgré tout obtenu de nombreux succès et qui aura été, je le crois, un défenseur intraitable des intérêts de la Guadeloupe. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Mme Penchard est elle aussi une sortante. Et elle n’échappera pas à son propre bilan, ni à celui de Nicolas Sarkozy.

Il est très facile d’affirmer que jamais un gouvernement aura autant fait pour l’outre-mer lorsque l’on n’a pas de contradicteur. Ce bilan est désastreux, les Guadeloupéens le savent et le sentent dans leur vie de tous les jours. Mme Penchard devra expliquer comment elle obtiendra comme député ce qu’elle aura été incapable d’obtenir pour la Guadeloupe comme grande ministre de la République !

Enfin, il est aussi très facile de raconter que l’on va s’engager pour sa terre natale après avoir occupé des responsabilités nationales. Je me dois de rappeler à ceux qui auraient pu l’oublier que Mme Penchard est déjà une élue locale. Elle a été candidate contre moi en 2010 aux régionales et, une fois élue, elle n’a jamais siégé à la Région ! Là encore, c’est une curieuse conception de l’éthique que de solliciter un mandat et de ne jamais l’occuper…

Je me réjouis donc à l’idée que Mme Penchard ne pourra plus esquiver le débat, ni les questions qui la fâchent.

Bonne journée à toutes et à tous.

VL

27 février 2012

Violences sur le stand de La Réunion au Salon de l’agriculture

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 17 h 15 min

J’apprends que des violences sont intervenues ce lundi sur le stand de la Réunion du Salon de l’agriculture.

J’adresse toute ma sympathie aux Réunionnaises et aux Réunionnais qui, semble-t-il, ont été victimes d’une agression particulièrement lâche.

Je condamne avec force ces actes que certains témoins ont qualifiés de « déchaînement de violence » et je demande aux autorités de faire toute la lumière sur les faits.

Ce mardi, je prendrai le temps de me rendre, en compagnie de François HOLLANDE, sur le stand de La Réunion pour écouter leur récit et leur témoigner toute notre solidarité.

26 février 2012

Quelques éléments d’analyse après les premières mesures annoncées à La Réunion

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 12 h 20 min

Mes chers amis,

Je suis très attentif à ce qui se passe à La Réunion ces derniers jours. J’ai évidemment pris connaissance des conclusions publiées par la presse de la rencontre qui s’est tenue vendredi à Saint-Denis, à la Préfecture. J’attends d’en connaître précisément les détails, mais je constate d’ores et déjà que la totalité des efforts ont été consentis par les collectivités locales réunionnaises, que ce soit pour la baisse du prix des carburants pendant 10 mois – 24 millions d’euros pour, dit-on, la Région, le Département et les communes – ou pour le blocage et la baisse de certains prix de première nécessité – 23 millions d’euros pour le Conseil général – ou encore pour la mise en place d’un tarif social pour l’électricité, que devra financer ce même conseil général.

L’accueil de ces mesures est pour le moment qualifié de « mitigé », selon les médias. Sans doute les Réunionnais comprennent-ils fort bien que ce sont leurs collectivités qui consentent d’importants efforts, c’est-à-dire eux-mêmes en tant que contribuables. Ils comprennent tout aussi bien que l’Etat n’a de son côté pris aucun engagement d’intervenir de façon significative pour changer, par exemple, le mode de fixation des prix du carburant. Pour être clair : les marges indécentes des monopoles pétroliers demeurent une fois de plus soigneusement préservées, tout comme celles des oligopoles de l’import-distribution.

Si j’osais la comparaison, ce qui a été décidé à La Réunion en matière de prix du carburant, c’est comme si face à la grogne des Français de l’Hexagone contre les prix élevés de l’essence à la pompe, le gouvernement avait annoncé en pleine crise des finances publiques que l’Etat renonce à une partie de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, anciennement TIPP) ou à une part de la TVA perçue sur le prix dans l’Hexagone.

Le ferait-il ? L’a-t-il même seulement envisagé ? Evidemment non, alors que la part des taxes prélevées par l’Etat dans l’Hexagone peut atteindre jusqu’à 80% du prix au litre de super sans plomb. Elle n’est, pour ne prendre qu’un exemple, que de 36% du prix au litre en Guadeloupe aujourd’hui au profit de l’ensemble des collectivités locales (région, département, communes).

Je n’ignore donc pas que la décision de supprimer pendant 10 mois l’octroi de mer sur les carburants prise par le président UMP du Conseil régional de la Réunion, mon collègue Didier ROBERT, entraînera forcément une pression sur les présidents LETCHIMY, ALEXANDRE et sur moi-même pour que nous procédions à l’identique. C’est même déjà un argument qu’utilise régulièrement, en Guadeloupe, la ministre chargée de l’Outre-mer qui nous dit en somme « faites ce que le gouvernement dit, mais ne faites surtout pas ce qu’il fait ».

Je tiens cependant à rappeler que les collectivités de Guadeloupe (région, département et communes) ont déjà eu à s’impliquer financièrement, et de façon très forte, dans le règlement de la crise sociale de 2009. Entre le financement de notre part des 200€ de l’accord BINO sur les salaires, la prime de 100€ pour les foyers les plus démunis, la baisse de l’octroi de mer régional sur l’eau potable, l’augmentation des bourses aux étudiants ou encore la prise en charge d’une part de leur complémentaire santé, c’est plus de 30 millions d’euros que la Région Guadeloupe avait débloqués pour sortir de la crise. A cela il faudrait rajouter les 100 millions d’euros que nous avions contractés pour relancer l’activité. Et je dois rappeler que sur la seule année 2010, les collectivités guadeloupéennes ont abandonné 6 millions d’euros de recettes fiscales en baissant les taux d’octroi de mer sur des centaines de familles de produits correspondants à des milliers d’articles de première nécessité. Et nous savons bien que faute d’avoir diligenté des enquêtes sérieuses sur les prix, ce qui est pourtant de sa compétence, le gouvernement a laissé les marges des commerçants absorber les baisses d’octroi de mer que nous avions consenties.

Faute d’agir sur le mécanisme même de fixation des prix comme nous le préconisons, il est à craindre que les mesures annoncées à La Réunion soient bien insuffisantes pour améliorer durablement la situation. Elles me paraissent plutôt de nature à affaiblir encore davantage les finances des collectivités locales qui sont pourtant, aujourd’hui, le premier guichet des urgences sociales outre-mer. Urgences sociales nourries par la politique d’un gouvernement dont la ministre de l’Outre-mer a cependant le culot monstre d’affirmer que « jamais on aura autant fait que ce quinquennat pour l’Outre-mer ».

Je termine mon propos en publiant, pour votre parfaite information, les taux pratiqués par les régions Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion en matière de taxe spéciale de consommation sur les carburants (TSC). Le taux en est fixé par les régions mais cette TSC vient alimenter à la fois les budgets du Conseil régional, du Conseil général et des communes.

Et vous noterez, au passage, que la Guadeloupe se distingue plutôt par sa modération en terme de fiscalité des carburants.

Bon dimanche à toutes et à tous !

VL

23 février 2012

Tensions à la Réunion : la mauvaise foi de Dominque PERBEN et de l’UMP

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 18 h 56 min

Mes chers amis,

Je suis assez atterré par le communiqué rédigé par l’UMP en guise de réponse à mon souhait de voir le gouvernement se mobiliser pour apporter des réponses à la situation réunionnaise.

Selon Dominique PERBEN, que je sais capable d’être bien mieux inspiré, j’aurais eu « une attitude profondément irresponsable ». En reprenant la posture manichéenne qui semble être devenu le mode systématique de communication du candidat-président sortant et de ses partisans, il y aurait donc « d’un côté la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, et, avec elle, la plupart des élus locaux qui en appellent au calme et au dialogue » et « de l’autre », je serais moi le pompier pyromane qui se délecterait de « souffler sur les braises ».

Les premiers mots du communiqué que j’ai adressé à l’AFP et aux médias réunionnais – consultable sur ce blog – étaient pourtant clairs et sans ambigüité : j’ai d’abord appelé au calme. « Le retour au calme est une nécessité absolue, car les violences, qui pénalisent d’abord les Réunionnais, ne sont en aucun cas une solution », ai-je écrit.

En me traitant d’irresponsable avec la plus parfaite mauvaise foi, comme si je n’avais, moi, pas appelé au calme, Dominique PERBEN oublie que j’ai eu à faire face à des tensions sociales en 2009 qui ont parfois dégénéré en violences. J’aurais aimé que ceux alors en charge de l’outre-mer à l’UMP et à l’Elysée appellent au calme et ne se comportent pas comme des pompiers pyromanes, authentiques ceux-là. J’aurais aimé que d’éminents élus UMP de la Guadeloupe, comme la sénatrice-maire de Basse-Terre, ne soufflent justement pas sur les braises en encourageant leurs partisans à participer aux coups de forces visant à fermer de force des commerces. J’aurais aimé trouvé Dominique PERBEN pour s’indigner de ces attitudes « profondément irresponsables »…

Je ne retire donc pas un mot de mon communiqué, qui appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités en rouvrant des négociations avec les pétroliers sur le prix des carburants et en arrêtant de ménager les intérêts des monopoles.

Je ne regrette pas non plus d’avoir relevé que la ministre de l’Outre-mer préfère se rendre en Martinique et en Guadeloupe pour la deuxième fois en moins de deux semaines plutôt que de se rendre à la Réunion où l’urgence commande d’agir.

Et je ne me priverai pas de noter que dans l’interview radiophonique que la ministre chargée de l’Outre-mer a accordée à Antenne Réunion depuis Paris, elle parle « d’apporter une réponse face au coût de la vie et avant tout, apporter une réponse au problème de l’emploi à la Réunion », sans avancer la moindre proposition. Elle évoque des « réponses concrètes », sans jamais dire lesquelles. Elle affirme simplement que « cela ne passe pas par une baisse des prix mais par la relance de l’économie et donc de l’emploi ».

Des vœux pieux en vérité qui ramènent au bilan de cinq années de Sarkozysme outre-mer : une page vierge, ou presque.

VL

14 février 2012

Outre-mer : le vrai bilan de Nicolas SARKOZY

Filed under: Actualités — Victorin LUREL @ 12 h 44 min


Télécharger -> Outre-mer : le vrai bilan de Nicolas SARKOZY

Depuis 10 ans, de Pointe-à-Pitre à Saint-Denis de La Réunion en passant par Cayenne, Fort-de-France, Mamoudzou, Papeete, Nouméa, Mata-Utu, Saint-Pierre, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, la droite au pouvoir propage l’idée que les outre-mers sont des zones assistées vivant au crochet de la métropole.

En 2006, le candidat Nicolas Sarkozy a même échafaudé, sur cette idée, une théorie du développement endogène qui est en réalité le prétexte à un formidable désengagement de l’état outre-mer.

Depuis 2007, le Président Nicolas Sarkozy met cette théorie en application. Les aides à l’investissement ont reculé, les allègements de charges sociales ont été réduits, les crédits destinés aux emplois aidés ont été divisés par 10, les moyens en faveur du logement social ont chuté.

Les outre-mers sont renvoyés à eux-mêmes, comme s’ils ne faisaient plus véritablement partie de la République, pour réaliser les investissements nécessaires à leur développement économique. Pour Nicolas Sarkozy, il faut « que les danseuses paient elles-mêmes leurs factures ! ».

Avec l’année des outre-mers, en 2011, les Ultramarins étaient en droit d’espérer un sursaut, un nouvel engagement de la part du Président de la République et du Gouvernement. Cela n’a pas été le cas. Au contraire, le désengagement a continué.

La droite est restée, vis-à-vis des outre-mers, dans les leurres et le semblant ! S’il ne fallait retenir qu’un chiffre du bilan de Nicolas Sarkozy pour l’outre-mer, nous retiendrons celui-ci : depuis 2002, le seul budget du ministère de l’outre-mer a connu une baisse en valeur réelle d’environ 40 %.

En 2012, les outre-mer ont rendez-vous avec leur avenir. Pour les hommes et les femmes de gauche, la République doit permettre à tous les citoyens d’accéder à un savoir, un emploi, un logement, à la santé, aux loisirs et à un environnement préservé et valorisé quels que soient leur origine et le territoire où ils vivent. Ce n’est pas encore le cas partout outre-mer, où les inégalités sont plus fortes encore que dans l’Hexagone. C’est donc un combat pour plus d’égalité que nous mènerons outre-mer, un combat en faveur d’un développement plus solidaire.

Mais l’élection présidentielle doit avant tout permettre de redonner espoir à notre jeunesse. Le rôle de la gauche est d’offrir des perspectives d’avenir à nos jeunes et singulièrement aux jeunes ultramarins qui souffrent davantage du chômage et de l’exclusion. Nous devrons relever le défi de l’emploi des jeunes d’outre-mer. Cela passera par la restauration de véritables outils de soutien à l’économie des outre-mers pour relancer la croissance et créer des emplois. Cela passera aussi par des aides spécifiques.

Pour nous à gauche, les outre-mers sont au coeur de la République. Nous ne les considérons pas comme des entités périphériques et assistées qu’il faut repousser pour qu’elles ne coûtent pas trop cher !

Nous veillerons donc à ce que chaque territoire puisse valoriser son potentiel et retrouve sa juste place dans le récit collectif que nous voulons écrire. Alors que la droite a abandonné les outre-mers, la gauche veux permettre aux Français des trois océans de croire à nouveau en l’avenir.

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