Victorin LUREL
Le Blog du vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale

21 avril 2011

Discours pour la pose de la 1ère pierre de l’usine de traitement des déchets de la Gabarre

Filed under: Discours,Non classé — Victorin LUREL @ 17 h 58 min


Chers amis,

Ce jeudi 21 avril 2011 a été posée la première pierre de la plate-forme multi-filières Gabar’belle aux Abymes en présence de la ministre chargée de l’Outre-mer.

Je mets en ligne le discours que j’ai prononcé pour l’occasion et dans lequel je rappelle tout l’engagement de la Région Guadeloupe afin que ce dossier essentiel pour notre territoire aboutisse enfin.

Je n’ignore pas les réserves que certains expriment sur ce dossier qui est loin d’être parfait. Ils manifestaient d’ailleurs aux abords du siège du SICTOM ce matin et j’ai tenu à les saluer. J’ai pu leur dire que si je respecte tout à fait leur opinion, il m’apparaît en revanche indispensable que ce projet se concrétise. La décharge actuelle est une verrue qu’il nous faut traiter pour la faire disparaître.

Rien ne serait pire que de tarder davantage.

VL

——

Madame la ministre,
Monsieur le préfet,
Monsieur le sous-préfet,
Monsieur le sénateur-président du conseil général,
Madame la député-maire du Moule,
Monsieur le député-maire des Abymes
Monsieur le président du SICTOM,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le président de Valorgabar,
Mesdames, messieurs les représentants des services de l’Etat,
Monsieur le délégué régional de l’ADEME,
Mesdames, Messieurs,

Ce moment particulier constitue évidemment une véritable satisfaction pour moi. La pose de la première pierre de la plateforme environnementale « Gabar’belle » marque en effet, tout à la fois, un aboutissement et un commencement.

C’est un aboutissement, car c’est aujourd’hui la fin d’une longue marche, entamée des années avant mon arrivée à la tête de la Région Guadeloupe.

Pour certains, cela a pris du temps. Beaucoup de temps. Trop de temps même…

Ils n’ont sans doute pas tort. Mais je tiens à rappeler que si nous sommes là aujourd’hui, c’est la traduction concrète de la volonté politique forte et conjointe de la Région et du Département.

Jacques Gillot et moi-même, nous nous sommes engagés personnellement, par-delà les compétences strictes de nos collectivités respectives, pour doter la Guadeloupe d’une infrastructure de traitement des déchets qui lui faisait cruellement défaut.

Nous l’avons fait en ayant conscience qu’il nous revenait – à nous – de rattraper un retard accumulé bien avant, dans les années 80 et 90.

C’est pourquoi nous nous sommes rendus à Bruxelles pour obtenir une enveloppe de 52 millions d’euros de fonds européens qui n’était pas acquise, loin de là.

Le préfet Nicolas Desforges était présent à nos côtés et je tiens à lui rendre hommage en l’associant pleinement à ce moment de satisfaction partagée. Tout comme je veux rendre un hommage appuyé au préfet Jean Fabre qui nous a constamment accompagnés.

Notre engagement a été d’autant plus déterminant que nous participons au financement à la fois sur nos budgets – cela représente tout de même 8,5 millions d’euros pour la Région – et en garantissant la totalité du prêt de 50 millions consenti par la Caisse des dépôts et consignations au SICTOM.

Nous ne pouvions, je crois, nous engager davantage.

A l’heure des bilans, nous pourrons regarder le pays la tête haute, car nous aurons dit, mais surtout nous, nous aurons fait…

L’Etat nous accompagne, via l’ADEME, à hauteur de 4 millions d’euros. Je veux évidemment remercier notre ministre pour sa présence et pour cet engagement de l’Etat, même si je continue de penser, vous le savez, que ce soutien, pour un projet de 170 millions d’euros, n’est pas totalement à la hauteur des enjeux.

Aujourd’hui, nous vivons – je le disais – un aboutissement qui est aussi un commencement. Car il faut désormais conduire ce projet à son terme.

Nul n’ignore qu’il fait toujours débat et qu’il suscite encore des oppositions qui mettront dans les mois qui viennent notre volonté politique à l’épreuve.

Je peux comprendre certains arguments, mais je crois que l’urgence commande plutôt que nous nous coalisions pour réussir.

Cet équipement permettra de traiter jusqu’à 140.000 tonnes de déchets par an. Et même si la tentation est grande, on ne pourra réduire cette plate-forme multi filières à la simple étape d’incinération réservée aux déchets ultimes c’est-à-dire non valorisables.

Les déchets qui arriveront jusqu’ici seront issus de la collecte sélective et seuls les déchets ultimes que nous ne savons pas encore valoriser, seront incinérés.

L’importance du volet incinération sera relativisée dès leur que chacun d’entre nous sera devenu un citoyen responsable produisant le moins possible de déchets, que la collecte sélective sera efficace et en place sur l’ensemble du territoire, que nous trierons efficacement, que nous recyclerons suffisamment et que nous réemploierons à chaque fois que cela sera possible.

Il s’agit donc bien d’une gestion multifilière articulée autour de la prévention, du tri, du recyclage, de la valorisation organique et de la valorisation énergétique. Et non pas simplement un moyen de réduire nos volumes de déchets.

Pour la région dont vous connaissez les actions en faveur de la promotion de l’indépendance énergétique de la Guadeloupe, il est important de noter que cette unité permettra une production d’électricité de 88 millions de KWh par an, soit l’équivalent de la consommation d’énergie d’une ville comme Pointe à Pitre.

Pour tout ce qu’il reste encore à accomplir, la Région ne relâchera pas ses efforts.

Nous continuerons de peser pour que soit mise en œuvre une gouvernance efficiente par la création d’un syndicat unique pour le traitement des déchets.

En effet, une gestion efficace des déchets avec des coûts optimisés, implique une gestion globale à l’échelle du territoire. Un syndicat unique de traitement des déchets est pour nous indispensable. Nous réitérons ici notre souhait de voir ce syndicat unique créé le plus rapidement possible. J’appelle donc les collectivités concernées à avancer dans ce sens.

Je vous remercie.

Une réponse à “Discours pour la pose de la 1ère pierre de l’usine de traitement des déchets de la Gabarre”

  1. Le Tigre dit :

    L’incinérateur : solution proposée n’est pas la meilleure, pour la santé, l’environnement et autres. D’ailleurs, dans certaines régions de métropole, on les ferme, on n’en veut pas.
    Puisque nos dirigeants locaux n’ont rien proposé, alors l’Etat solutionne la question en poussant à installer « une merde ». Solution de facilité donc.
    Cela fait penser au chlordécone dont on avait accepté une dérogation pour les antilles, alors que c’était interdit partout ailleurs.
    Beaucoup d’argent pour polluer notre région. Où sont MRS BOVE, Harry Jawal DURIMEL et leurs amis écologistes ?

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